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Vue générale de Douch
(Vue générale de Douch)
 
L'exploration du site de Douch a commencé en 1976 à l'initiative de S. Sauneron, alors Directeur de l'IFAO. Situé à l'extrême Sud de l'oasis, à 100 km de la ville de Kharga, c'était, dans l'Antiquité, un établissement important du nom de Kysis, comportant plusieurs villages et un vaste territoire cultivé. L'irrigation était pratiquée grâce à des puits artésiens et à des sources dont l'eau était amenée dans les champs par un système de canali-sations souterraines (qanats) mis en place à l'époque perse (VIe-Ve siècle a.C.). Le site principal comporte un gros village établi sur les pentes d'un tell, avec deux temples, l'un, en pierre, datant de la fin du Ier et du début du IIe siècle de notre ère, entouré d'une vaste enceinte de brique, l'autre en brique crue selon un type fréquent dans les oasis. Les fouilles les plus ré-centes ont montré que le site a été occupé dès l'époque ptolémaïque. Tout près de là, le site de Manawer, fouillé par M. Wuttmann (IFAO) a révélé l'existence d'un temple en brique d'époque perse.    

 
 
Vue générale du site de Douch
© photo R. Lichtenberg


       

Intérieur de la tombe 20
© photo F. Dunand


Plusieurs groupes de tombes avaient été identifiés autour du tell de Douch. De 1981 à 1993, trois membres de l'équipe ont travaillé sur le plus important d'entre eux où 92 tombes ont été explorées, soit une proportion, à nos yeux représentative, d'environ 20 % de l'ensemble. L'état global de la nécropole était assez médiocre du fait des pillages et des infiltrations d'eau venant des champs limitrophes. Environ 650 individus ont été ex-humés, dont les 2/3 (433) ont fait l'objet d'un examen anthropologique. 68 momies, radiographiées sur place, ont été étudiées de façon complète, ce qui a permis de diagnostiquer diverses maladies telle la bilharziose. De cette étude se dégage le tableau d'une population de type méditerranéen gracile, en tous points semblable à celle de la Vallée du Nil. Ce sont des paysans, fortement atteints par l'arthrose sous toutes ses formes, probablement victimes de carences alimentaires, dont l'âge au décès était de l'ordre de 35 ans, compte non tenu des nouveau-nés, rarement retrouvés. La grande majorité des corps semblent bien avoir été momifiés selon des techniques plus ou moins élaborées, probablement en fonction de leurs moyens financiers.


    

Tête de la momie 58.2.1.1
© photo R. Lichtenberg


Le mobilier retrouvé dans les tombes reflète effectivement une certaine différenciation sociale. Certaines tombes, relativement riches, contenaient des momies bien préparées, dotées de cartonnages et déposées sur des lits funéraires, environnées d'objets de bonne qualité (céramique, verrerie, statuettes en bois peint).


   
Divinités funéraires sur un cartonnage
© photo F. Dunand



          
Tunique brodée trouvée dans les linges d'une momie. Musée de Kharga.
© photo R. Lichtenberg  





Détail de la tunique.
© photos R. Lichtenberg

Beaucoup d'autres, en revanche, se présentaient comme des sortes de charniers où les corps avaient été accumulés (effet d'inhumations sommai-res ou du pillage ?). Mais dans toutes les tombes, si pauvres soient-elles, il y avait quelques poteries ayant servi aux offrandes funéraires. Les pratiques et croyances traditionnelles relatives aux morts ont en effet été conservées dans cette région jusqu'à une époque très tardive (fin du IVe siècle p.C.). Cependant, une nécropole probablement chrétienne a été identifiée à quelques centaines de mètres de la nécropole principale.
 
Article réalisé par Françoise DUNAND, Roger LICHTENBERG
posté le 05 décembre 2005 à 01h27
Actualisé le : 06 janvier 2006 à 19h29



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